Je suis née à Metz, en Lorraine, en 1990, avec un fort handicap visuel, mais j’ai toujours souhaité évoluer dans un milieu ordinaire. Cependant, ça n’a pas toujours été facile et j’ai dû me battre pour être intégrée, que ce soit dans le sport, dans les études ou la vie professionnelle. D’ailleurs, au lycée, je décide d’arrêter le sport car je n’avais pas réussi à m’épanouir dans ceux que j’avais essayés ou à trouver ma place dans un club. Mais tout a changé, lorsque, après mon bac, le CAF Moselle a organisé une initiation escalade pour les malvoyants, ce qui m’a permis de rejoindre ce club qui a su s’adapter et m’intégrer.

En 2012, après avoir lu un article sur le site de la FFME, je décide de participer au sélectif pour l’Equipe de France handi-escalade dans le but de pouvoir rencontrer et échanger avec d’autres grimpeurs en situation de handicap. Après ce week-end, où j’ai fait de belles rencontres, j’ai été sélectionnée pour participer aux Championnats du Monde à Bercy où j’ai fini 4e.

J’ai continué de m’entrainer, mais des changements d’entraineurs et une structure peu adaptée aux entrainements de haut-niveau, m’ont poussée à rejoindre le Club Escalade Evasion de Thionville où j’ai rencontré des personnes exceptionnelles avec un regard sur le handicap très différent. Grâce à eux, j’ai pu obtenir mes premiers titres de championne de France et des médailles en Coupe du Monde, notamment une médaille d’or en 2017. De plus, ils m’ont permis de m’investir dans la vie du club en me permettant de dépasser ma déficience visuelle.

En 2017, pour ma reconversion professionnelle, je m’installe à Lyon pour intégrer l’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie pour malvoyants. J’ai rejoint le club Lyon Escalade Sportive, qui m’a très bien accueillie et je continue à participer aux compétitions internationales, accompagnée par un entraineur investi dans le milieu du handicap.

J’ai intégré la liste CAP24, car l’intégration des personnes en situation de handicap me tient à cœur et je pense qu’il reste encore des choses à développer, notamment au niveau de l’accueil au sein des clubs et de l’escalade loisir. De plus, concernant le haut-niveau, il reste encore un travail à faire au niveau de l’égalité entre les grimpeurs valides et handis, ainsi que dans l’organisation de compétitions, même si certains CT ou ligues s’impliquent déjà.

(crédit photo – Sytse Van Slooten)