J’ai 47 ans, 3 enfants et vis en Haute Savoie proche d’Annecy.

D’un point de vu professionnel, je suis hors milieu de l’escalade et de la montagne, j’ai cofondé une entreprise de conseil technologique en Suisse Romande dans laquelle j’accompagne mes clients dans leur transformation organisationnelle en mettant en place de l’agilité et de la gouvernance distribuée.

J’ai toujours aimé la Montagne bien qu’ayant passé la plupart des années d’enfance dans des régions dépourvues de sommet : la champagne et la Bretagne. J’aime ces paysages, les efforts qu’il faut concéder pour les gravir, et la beauté fragile de ces paysages découpés.

J’ai découvert l’escalade sur le tard, cela fait déjà 25 ans, à l’université avec un enseignant, Yvon, qui a su me communiquer sa passion de l’escalade. Il nous dispensait un véritable cycle de formation qui nous incitait à la fois à nous entrainer et à s’ouvrir à toutes les formes d’escalades : en salle, sur le mur de l’université, sur un pan inclinable véritable terreur, sur couenne et sur grandes voies.

L’escalade m’a tellement plu, que j’ai monté dans la foulée un club universitaire d’escalade rattaché à la FFME pour partager ma passion et pouvoir grimper les soirs et les weekends en falaise. C’est donc presque au même moment que j’ai découvert à la fois l’escalade et le bénévolat et pour moi cela va toujours de pair encore maintenant : l’envie de partager, l’envie de faire découvrir, apprendre en s’enrichissant, oser lancer des projets.

Je me souviens nos petits projets qui représentaient beaucoup pour nous : un weekend sur une falaise locale, l’organisation d’une compétition locale, la mise en place de cursus internes au club pour structurer nos séances tant sur les aspects d’entrainement que sur l’apprentissage de la sécurité, la participation à l’organisation des coupes de France à Laval, des virées en club aux Calanques, Verdon, et Riglos, le passage de l’initiateur à Grenoble … L’école de la vie en fait.

Pour mes études, mon travail et surtout l’amour de la Montagne m’ont conduit par la suite à Grenoble, puis depuis 22 ans je me suis m’installé à Annecy, un coup de cœur.

Toutes ces années, je les ai partagées, sur le plan des loisirs, entre des moments de grimpe, et de vie associative dans des clubs d’escalades et aussi des périodes où les contraintes professionnelles et familiales me rendaient moins actif dans le monde de l’escalade. Un vrai grimpeur « Lambda » passionné, avec un niveau moyen qui aime partager en faisant du bénévolat.

Je me suis réinvesti pendant une 10aine d’années dans un grand club d’Escalade FFME sur Annecy jusqu’ à en prendre la présidence pendant 3 ans. Un grand club en proie au délicat équilibre entre l’action bénévole et la professionnalisation.

J’aime toutes les formes d’Escalades, en salle, les murs modernes ressemblent à des énormes terrains de jeux ludiques, mais surtout en falaise. Les Escalades en site naturel sont fascinantes, inspirantes, j’y partage mes meilleurs souvenirs d’escalade et de supers moments de convivialité. Mon vrai coup de cœur reste les grandes voies. J’adore lézarder en plein milieu d’une face improbable, c’est mon aventure à moi, ma passion.

L’annonce du déconventionnement, je l’ai vécu, comme une trahison de ma famille. On « liquide » un patrimoine gênant, sans même avoir anticipé les moyens de le sauvegarder, cela démontre tellement un manque d’Amour, c’est pathétique !!
Cela a été un « électrochoc » qui a soulevé une envie et une énergie d’agir.

J’ai créé le collectif Grimpe Outdoor (CGO) pour construire dans la durée un acteur qui soutiendra le développement et la gestion de notre patrimoine de falaises. Cela prend du temps, on est une belle équipe venant de l’ensemble des acteurs, tant nationaux et surtout territoriaux.

Dès mon premier post sur les réseaux sociaux, j’ai martelé qu’il fallait en parallèle de la montée du collectif, faire changer le cap de la FFME pour avoir un contexte favorable au développement des Escalades et de la Montagne. La raison d’être de la ffme, est la montagne et l’escalade. Il est extrêmement choquant d’avoir à la fois une fédération qui se désintéresse du sport nature (ce qui est un comble quand on a dans son appellation le mot montagne) et qui de l’autre coté s’abroge tous les pouvoirs, toute la représentativité sur ce domaine. Le pouvoir isole et on finit par ne plus être connecté à sa base.

 

Pourquoi se lancer dans le projet fédéral

  • J’ai trop entendu dans le milieu de l’escalade qu’il fallait que la fédération change de cap et principalement au niveau de la relation entre la direction et ces territoires. Et à chaque fois que je demandais à ces acteurs, parfois même au sein même de la fédération, chiche d’y aller, ils me disaient qu’il ne souhaitaient surtout pas « aller au charbon » : S’occuper du national avec toute la complexité des dossiers et ses responsabilités était trop ingrat. Cela doit venir de mon esprit de contradiction, je me suis petit à petit fait à l’idée qu’il fallait que j’y aille, parce que la FFME est ma famille…
  • Parce que pour moi, bien qu’ayant une activité professionnelle très prenante, c’est le moment de rendre au milieu du bénévolat ce qu’il m’a appris. C’est une formidable école de vie, d’initiative, d’ouverture, de challenge et de partage. Plus vous vous engagez, plus vous recevez et apprenez. On dit que c’est une valeur passée et que la professionnalisation devient la béquille pour compenser le manque de volontaires. Oui, c’est vrai, la société évolue, mais je pense aussi que pour donner de la grandeur au bénévolat il faut lui donner des moyens.

 

Pourquoi rejoindre ce projet Cap24 et Claude

Ce projet autour des 4 équilibres est le sens même d’une fédération l’escalade et de la montagne :

  • La compétition, c’est le sens d’une fédération, mais le loisir c’est sa vie et son poumon
  • La salle c’est un formidable outil que l’on utilise tous, surtout dans nos vies de plus en plus urbaines, mais la nature et la Montagne c’est ce qui fait briller nos yeux
  • La professionnalisation, c’est bien, et c’est un cheminement naturel surtout dans des activités en plein développement, mais le bénévolat c’est l’école de la vie, c’est le tissu local
  • Le national sert à donner le cap, et à avoir une cohérence, mais ses territoires c’est le terrain de l’intelligence collective et le lieu des engagements les plus importants et les plus admirables

Ce projet représente le bon équilibre pour une fédération tournée vers l’avenir et respectueuse de ses valeurs et de sa raison d’être.
En plus de cette raison d’être, je suis très préoccupé par la forme : La direction actuelle s’est coupée du terrain, isolée de sa base, elle pilote seule avec ses propres objectifs. C’est assez courant dans le monde professionnel, je dirais que c’est souvent même le point commun de toutes les entreprises que j’accompagne au niveau professionnel : elles sont dans l’impasse d’un modèle « Command And control » complétement désuet.

La deuxième raison, est ma rencontre avec Claude en juin 2020. Plusieurs mois de travail ensemble, m’ont fait apprécier sa prise de recul, sa force tranquille qu’il est nécessaire d’avoir pour rassembler au delà des frontières de la liste, son sens de l’écoute et de la synthèse pour tenir un cap. Ces mois de travail ensemble, ont créé une confiance respective à la hauteur du défi que nous tentons de relever tous ensemble et une vrai complémentarité pour agir et transformer.

 

En synthèse

Mon engagement est donc entier et sur plusieurs fronts en parallèle :

  • A la fois pour construire le collectif Grimpe Outdoor, qui est un véritable trait d’union entre tous les acteurs dans la défense et la promotion des Escalades en Sites Naturel. Une de nos actions la plus visible à court terme est l’organisation de nos Etats Généraux des Escalades en site Naturel à l’automne, 2 fois repoussée pour des raisons évidentes de crise sanitaire.
  • Et à la fois soutenir et m’engager pleinement dans une liste pour les élections fédérales avec comme objectif de redonner à cette fédération sa raison d’être.

Avec une fédération FFME revue en profondeur avec les 4 équilibres de notre projet Cap24FFME et un acteur CGO qui s’organise et se déploie dans l’ensemble des territoires pour soutenir le développement de notre patrimoine de falaises, j’ai la conviction que nous aurons dans les années à venir les 2 outils pour répondre aux attentes de la communauté des Escalades et de la Montagne.